Dépendance à l'alcoolDr Ch. Jouanneau, Merck Serono France
L'alcoolisation chronique est un facteur de risques de multiples pathologies (foie, système digestif et cardiovasculaire), de certains types de cancers, de mort accidentelle. Plus le niveau de consommation est élevé, plus la mortalité globale est élevée. L'ivresse est associée à 40-50 % des décès de la circulation, à
25-35 % des accidents de voiture non mortels, à 64 % des incendies et des brûlures, à 48 % des hypothermies et des cas de gelure, et à environ 20 % des suicides. L'alcool est également incriminé dans 40 % des chutes et 50 % des homicides (victimes ou criminels), même à des concentrations inférieures aux taux légaux.
- La dépendance est une perte de maîtrise de la consommation d'alcool. Moins qu'un seuil quantitatif, c'est d'abord la perte de la liberté de s'abstenir de consommer. Elle se manifeste par l'installation progressive d'une tolérance (augmentation progressive des doses pour un effet comparable) et surtout, par des signes de sevrage à l'arrêt de la consommation.
- Les hommes et les femmes ne sont pas égaux face à l'alcool en raison des différences de poids, de la masse graisseuse, du premier passage métabolique de l'alcool, et de systèmes immunitaire et hormonal différents. D'une manière générale, les femmes sont plus sensibles à l'alcool que les hommes.
- L'alcoolisme chez la femme provoque des problèmes de santé spécifiques et notamment des risques graves au cours de la grossesse : l'alcoolisme maternel est en effet la première cause évitable de retard mental des nouveaux-nés dans les pays occidentaux.
- Les différentes études montrent que si la prise d'alcool par les adolescents est très fréquente, elle n'est pas pour autant prédictive d'un alcoolisme adulte. En revanche, un ascendant alcoolique est un facteur prédisposant, surtout en cas d'alcoolisation précoce. Une augmentation du risque des accidents de la route compte parmi les conséquences graves immédiates de l'alcoolisation des jeunes.
- Si la prévalence de la consommation et de l'abus d'alcool diminue avec l'âge, l'alcoolisme chez les personnes âgées reste néanmoins un problème important de santé publique, d'autant plus qu'une forte expansion démographique de cette catégorie de la population est prévue dans les prochaines années. Près de 10 % des personnes de plus de 65 ans ont un problème d'abus d'alcool.
Les soins
Le traitement de la dépendance à l’alcool est difficile. Même si le sevrage aigu est habituellement couronné de succès, le maintien d'une abstinence durable reste un enjeu majeur qui nécessite une approche multidisciplinaire concertée et requiert une assistance spécifique de la part de médecins, de psychologues et d’assistants sociaux spécialisés.
Liens utiles
Bibliographie
- INPES - Institut national de prévention et d'éducation sur la santé - Campagne de communication : Alcool - 2004
- La Société Française de la Croix Bleue - Dr. Pierre Fouquet - Lettres aux Alcooliques - 1ère publication aux Presses Universitaires de France (1956) cosignée par Jean CLAVREUL