Des études d'efficacité sur des systèmes moléculaires précèdent les tests sur l'animal. Les essais pharmacologiques permettent de cerner l'activité du produit dans le contexte très complexe d’un organisme vivant, de préciser son action thérapeutique, ses dosages, et de déceler ses éventuels effets secondaires. Il en résulte une première comparaison de l’efficacité de la substance avec celle de produits existants, et une première évaluation de l’intérêt bénéfice/risque.
Ces études sont destinées à prouver la sécurité de la molécule. Elles sont longues et coûteuses car menées sur différentes espèces animales. L’expérimentation animale, soumise à des règles très strictes relatives à la protection des animaux, permet :
Cette étape permet de tester les conditions d’absorption, de distribution, de métabolisme et d’élimination du produit par l’organisme.
Le développement d'un médicament connait plusieurs phases qui durent au total de 6 à 7 ans.
Phase 1 : première administration chez l’homme sain, sous surveillance médicale (durée ~ 1 an)
Après les études faites sur l'animal les études de Phase 1 ont pour but d'étudier le médicament chez l’homme, de déterminer sa tolérance en fonction de la dose minimale active et maximale. On précise aussi les meilleures formes d'administration (orale, intraveineuse courte ou prolongée) et le devenir du médicament dans l'organisme (pharmacocinétique).
Phase 2 : première administration à une échelle restreinte chez le malade, sous surveillance médicale (durée ~1,5 an)
Les études de Phase 2 visent à juger de l'efficacité thérapeutique du produit, à déterminer les modalités optimales d’administration : doses actives, voie d’administration, nombre de prises journalières, posologie…
Phase 3 : utilisation à grande échelle chez l’homme malade (durée ~3 ans)
Les études de Phase 3 confirment l’efficacité du produit dans des conditions de traitement aussi proches que possible de la réalité. Ils permettent de confirmer sa tolérance et son efficacité, et éventuellement de le comparer à d’autres médicaments déjà prescrits dans la même indication. C’est une des phases les plus coûteuses de tout le processus, car les Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) requièrent des études de plus en plus étendues.
Phase 4 : utilisation commerciale du produit, après AMM
les études de Phase 4 regroupent plusieurs centaines de milliers de malades dans différents pays et permettent d'affiner la connaissance du produit et de mettre en évidence d'éventuels effets rares ou inconnus jusqu'alors.
Au terme de la Phase 3, un dossier technique reprend toutes les conclusions des différentes études et leurs conditions exactes d’expérimentation. Le demandeur doit justifier dans son dossier que le produit répond aux exigences de qualité, d'efficacité, de sécurité pour le patient. Le dossier est soumis aux agences du médicament qui délivrent ou non une Autorisation de Mise sur le Marché, préalable à toute commercialisation d’une spécialité. En France, c'est l'Afssaps (Agence Française de Sécurité Sanitaire pour les Produits de Santé) qui reçoit les dossiers et délivre les AMM.
Les études de pharmacovigilance succèdent à la mise sur le marché. Elles permettent d’étudier les effets à long terme du traitement, et de confirmer sa bonne tolérance à très grande échelle. Elles reposent sur les rapports, aux centres de pharmacovigilance, émanant des médecins, des pharmaciens, des laboratoires, de tous les effets observés. Elles s'appuient également sur les essais cliniques de phase 4.